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C'est lui qui a décidé la destination de vos dernières vacances d'été. Mais hier, c'est vous qui avez choisi la nouvelle voiture. Alors, qui porte vraiment la culotte ? Chez Jean et Isabelle -un couple de quinquagénaires- le chef, c'est Jean : « Il prend les décisions, pas unilatéralement, mais c'est lui qui tranche. Comme j'ai le droit à la parole et que Jean peut entendre la contradiction, ça ne me pose aucun problème », estime Isabelle.
« Dans tout couple, il y a des jeux de pouvoir, confirme Ananou Thiran, co-auteur de Relations et jeux de pouvoir et Le couple en éveil (Editions Jouvence). Mais un chef n'est pas forcément un dominant. Il peut être la locomotive active qui dynamise le couple et l'empêche de végéter. Car les deux membres du couple n'ont pas toujours la même énergie, physique et psychique, pour construire et mener des projets. »
Pas celui que l'on croit
« Simon pense être le chef de famille. Sauf que le chef dans la famille, c'est bien moi, sourit Cécile, 30 ans. Au quotidien, j'impose mes choix et mon rythme. En même temps, nous vivons dans la ville où Simon a trouvé du travail et lors de ses nombreux déplacements, je dois m'occuper des enfants. En fait, je mène la barque, mais c'est lui qui a tracé la route ». C'est comme cela, par l'équilibre des formes d'influence, que chacun peut trouver sa place dans le couple. À condition de toujours considérer que l'on n'est pas en compétition, mais que l'on collabore. « Il y a un jeu de compensation et d'équilibre propre à chaque couple, analyse Ananou Thiran. Par exemple, celui qui est chef à l'extérieur ne le sera peut-être pas dans le domaine intime. De même, on peut avoir des domaines d'intervention différents, où chacun, de par son expertise, prend les décisions. »
Du décideur au dictateur
James ne cesse de répéter à Catherine qu'elle est trop autoritaire. « Ça l'arrange bien, se défend-elle. Mais c'est moi qui organise tout, je ne vois pas pourquoi ce serait autrement. J'aime ma liberté d'action ! C'est vrai que je préfère faire les choses à la place de James, parce que j'ai peur qu'il les fasse mal. Alors, je lui présente les situations pour qu'il ait l'impression de décider. »
Attention ! Le respect entre les deux partenaires est nécessaire, par le biais de vraies discussions. Autrement le décideur devient dictateur. « Il ne s'agit pas seulement, pour celui qui est plus passif, de dire ses frustrations ou ses désaccords. Son avis doit vraiment être écouté », conseille Ananou Thiran. Sinon, le piège se referme aussi sur celui qui en prend trop sur ses épaules. « Parfois, ça m'allègerait d'avoir moins de responsabilités », confesse Catherine. « Même le chef du couple a besoin d'être alimenté, ressourcé et équilibré par l'autre, qui aura plus de recul, explique Ananou Thiran. Comme la dynamique du jour et de la nuit. »












