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Catherine venait de sortir d'une relation amoureuse de 8 ans quand on lui a présenté Paul. « On était tous les deux célibataires et il savait que je ne voulais pas m'engager. Ça a tout de même cliqué assez pour qu'on couche ensemble jusqu'à deux fois par semaine pendant près de 8 mois. »

L'amitié sexuelle, voilà un exemple du type de relation que Geneviève Parent, sexologue clinicienne et auteure du livre L'intimité harmonieuse, observe principalement chez les gens dans la trentaine et chez les plus jeunes. « C'est une relation où le sentiment amoureux est absent. Elle n'est donc pas fondée sur l'engagement, explique-t-elle, mais sur l'attirance physique. »

Plusieurs facteurs expliquent la popularité de ce type de relation. « On vit dans une société qui ne valorise pas l'engagement affectif et où ce sont plutôt la liberté et l'attrait de la découverte qui priment, explique la sexologue. Certains sont convaincus qu'une seule personne ne peut pas combler tous leurs désirs sexuels, ils préfèreront donc avoir plus d'un partenaire. Chez d'autres, il y a une désillusion par rapport à l'amour. Cela crée un terreau fertile à l'amitié sexuelle. »

Plus qu'une histoire d'un soir (elle dure en général quelques mois), mais moins qu'une relation de couple (il s'agit d'une relation sans engagement), l'amitié sexuelle comporte ses bons et ses mauvais côtés.

« L'un des avantages de cette relation, c'est que tu peux apprendre sur toi et sur ton plaisir. Ça permet d'évoluer sexuellement, ce qui n'est pas possible avec des histoires d'un soir », explique Catherine.

Hommes et femmes n'entament pas tous une amitié sexuelle pour les mêmes raisons. Les hommes le font plus pour des raisons sexuelles et les femmes, pour des raisons affectives. En période de célibat, Danielle, qui a eu plusieurs amis sexuels au cours des dernières années, vivait parfois des périodes de découragement. « J'étais toujours à la recherche d'un chum, avoue-t-elle, mais je me disais que, tant qu'à ne pas être en couple, je pouvais au moins avoir une vie sexuelle. Ça rassurait mon ego et prouvait que j'étais encore capable de plaire. »