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La plupart des consommateurs achètent des vêtements ou des gadgets de façon modérée et lorsqu'ils en ont vraiment besoin. Pour d'autres, acquérir la marque de vêtements la plus tendance ou le gadget qui vient tout juste de sortir est impérativement nécessaire. Ces gens se font parfois appeler des acheteurs compulsifs et leur budget semble illimité.

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« Il y a quelques années, mon besoin d'acheter de beaux vêtements est devenu presque maladif. À un moment donné, je ne regardais plus mon budget personnel. Puisque je travaille dans la mode, j'ai le goût d'être à la dernière tendance. Les besoins se créent tout seuls », explique Cindy Laverdière, designer-styliste qui tient le blogue de mode modetrotterblog.com.

« L'hyperconsommation est souvent due à la publicité et à ce désir de faire partie d'un groupe pour ne pas être rejeté. On consomme à l'extrême pour faire partie de la gang. De mon côté, ce n'était pas pour m'intégrer à un groupe, j'achetais de beaux vêtements parce que j'avais tout simplement un besoin de consommation», raconte la blogueuse.

Ces achats qui rendent heureux

Les jeunes dans la vingtaine n'ont jamais connu un monde sans carte de crédit. En 1996, 75 milliards $ ont été dépensés en transactions sur les cartes de crédit et, en 2006, le montant s'est élevé à 243 milliards. Les cartes de crédit sont remplies et 40 % des Canadiens avouent ne pas rembourser en entier leur carte de crédit chaque mois, selon l'Agence de la consommation en matière financière du Canada.

« Lorsqu'on parle d'acheteur compulsif, il faut être en mesure d'analyser si l'on dépense de façon compulsive une fois de temps en temps ou tout le temps. Est-ce que ça nous empêche de payer le loyer ou notre épicerie ? Les gens qui s'endettent et qui sont incapables d'arrêter d'acheter des choses ont un vide intérieur à combler. On peut comparer ça à ceux qui ont une dépendance à la drogue ou l'alcool. Les acheteurs compulsifs dépensent parce que ça leur fait du bien. Lorsqu'ils ont de la peine, ils se consolent avec des achats. Lorsqu'ils sont heureux, ils festoient de la même façon », explique Hélène Hétu, consultante budgétaire pour l'Association coopérative d'économie familiale de la rive-sud de Montréal.

« Pour moi, c'était l'attrait de la nouveauté. C'est un pur plaisir de manipuler un nouveau gadget. T'as juste le goût de l'avoir et de le déballer. Quand j'en achetais un, j'attendais tout de suite la prochaine version. Maintenant, j'ai ralenti parce que je finissais souvent par regretter mes achats. La technologie bouge tellement vite, que j'achetais des trucs beaucoup trop cher », explique Dany Robichaud qui travaille dans le domaine des nouveaux médias.

Comment se contrôler

Pour calmer ses impulsions, Dany a décidé de continuer à lire sur les nouveaux gadgets qui sortent sur le marché, mais il ne ressent plus le besoin d'acheter toutes les nouveautés. « Je n'ai pas encore le nouveau iPhone, je me retiens. C'est une question de bon sens. »

De son côté, Cindy a décidé de se faire un budget et de regarder les dépenses qu'elle pouvait se permettre. « Je me suis fait un budget réglé au quart de tour et je me suis mis des limites pour mes dépenses personnelles. Je me sens une femme accomplie depuis que je suis en contrôle de mon budget. »

Selon Hélène Hétu, être en mesure de faire un budget et de mettre sur papier toutes les dépenses fixes mensuelles et annuelles comme le loyer, les assurances et le téléphone, c'est l'une des meilleures façons de contrôler nos impulsions.

« Ensuite, il faut identifier ce qui nous fait dépenser. Si on dépense seulement avec notre carte de crédit, il suffit de la laisser une fois de temps en temps à la maison. Si on dépense avec de l'argent comptant, il suffit d'en avoir un peu moins sur soi. De plus, lorsqu'une impulsion nous prend, il faut attendre au lendemain avant d'acheter. Souvent notre besoin d'avoir le nouvel item est moins urgent et disparaît la journée d'après », explique la conseillère budgétaire de l'ACEF de la Rive-Sud de Montréal.